NON AUX MESURES LIBERTICIDES ET A LA REMISE EN CAUSE DES ACQUIS SOCIAUX PAS DE CONFINEMENT POUR L’ACTION SYNDICALE

, par udfo38

Le Comité confédéral national des 23 et 24 septembre dernier a condamné les mesures liberticides prises par le gouvernement au nom de la « lutte » contre la covid-19. Non seulement il a condamné ces mesures, mais il revendique le rétablissement des libertés individuelles, notamment syndicales (droit de réunion, droit de manifester…).

A l’heure où nous bouclons ce journal, le président de la République est intervenu à la télévision. Et ce qui était annoncé s’est confirmé : un couvre-feu est mis en place dans plusieurs grandes agglomérations, et notamment celle de Grenoble. Si la circulation du virus est effectivement préoccupante, cela nécessite avant tout des mesures de santé publique, en particulier la création de lits d’hôpitaux. Car quelles me- sures le gouvernement a-t-il prises pour doter le pays de lits en quantité suffisante ? Aucune. L’hôpital est exsangue. Les hospitaliers n’en peuvent plus. Rien n’a changé. Toujours les mêmes conditions de travail dégradées, voire pire encore. Au moment même où le gouverne¬ment décide de confiner progressive¬ment la population, celui-ci n’entend pas confiner sa politique. Le Premier ministre a même annoncé sa volonté de mettre en œuvre la contre-réforme des retraites par points, dont l’objectif est de supprimer l’ensemble des régimes existants et de baisser le montant de nos pensions. Le camarade Yves Veyrier a eu raison, lors du dernier CCN, de rappeler que la confédération, à tous les niveaux, a pris ses responsabilités dans l’organisation de la grève à compter du 5 décembre 2019 pour en obtenir l’abandon. Et de réaffirmer que notre détermination restait intacte. Dans l’industrie et au-delà, le patronat profite de la situation pour restructurer et licencier, avec l’aide du gouvernement et de fonds publics. Au-delà des suppressions d’emplois et de fermetures d’entreprises, ces patrons tendent à profiter de ces dispositifs pour remettre en cause certains droits dont bénéficient les salariés. Les « APC » (Accords de Performance Collectives) font partie de cet arsenal sensé permettre aux entreprises de rester compétitives en préservant les emplois. On sait maintenant que cela n’est pas vrai ! Tout peut être révisé avec ces APC : augmentation du temps de travail sans hausse de salaires, baisse de certains salaires, diminution des primes, atteinte aux droits à congé… Le comité confédéral national, en demandant l’abrogation des dispositions légales permettant la mise en œuvre des APC, offre un point d’appui à nos syndicats sur le terrain. La pression dans les entreprises est énorme et tout notre soutien doit être apporté aux délégués FO qui, bien souvent le couteau sous la gorge, doivent négocier des accords moins-disant, voire des plans dits de « sauvegarde de l’emploi ». La position de l’Union départementale FO de l’Isère est claire sur ce sujet : nous condamnons cette remise en cause des acquis sociaux. Malgré le contexte « sanitaire », les camarades continuent de réunir leurs instances. Malheureusement, nous avons été obligés d’annuler et reporter à une date ultérieure le Comité général du 16 octobre, ne pouvant pas réunir à la bourse du travail plus de 30 camarades. Malgré cela, il nous revient d’informer par tous les moyens nos adhérents et les salariés et personnels, afin de définir les revendications et les porter à l’employeur. Cela implique que nous ne confinions pas l’action syndicale et que nous soyons résolument à l’offensive. Nous renforcerons ainsi nos implantations et jouerons pleinement notre rôle dans la préparation nécessaire du rapport de force interprofes-sionnel.

Philippe BEAUFORT 23 octobre 2020